Les polluants invisibles : PFAS, métaux lourds, résidus médicamenteux

polluants

Table des matières

Vous ne les voyez pas.

Vous ne les sentez pas.

Vous ne les goûtez pas.

Mais ils sont là. Dans chaque verre. Dans chaque gorgée.

Les polluants invisibles.

Ceux qui traversent les stations d’épuration comme des fantômes. Ceux qui défient les traitements classiques. Ceux que nos grands-parents ne connaissaient pas, parce qu’ils n’existaient pas encore.

Bienvenue dans le monde des contaminants émergents — ces substances que la science découvre progressivement dans l’eau, et dont on commence seulement à mesurer l’ampleur du problème.

Trois familles nous intéressent particulièrement aujourd’hui :

Les PFAS — les chimères industrielles qu’on ne peut pas détruire.

Les métaux lourds — les vestiges de notre civilisation industrielle qui s’accumulent en silence.

Les résidus médicamenteux — les molécules qui nous soignent… et contaminent notre environnement.

Plongeons dans leur monde. Un monde invisible. Mais terriblement réel.

LES PFAS — Les chimères éternelles

Qu'est-ce qu'un PFAS ?

Imaginez une molécule indestructible.

Une molécule que ni le soleil, ni l’eau, ni les bactéries, ni le temps ne peuvent décomposer.

Une molécule qui, une fois créée, existera pour toujours.

C’est un PFAS.

PFAS signifie : substances per- et polyfluoroalkylées.

Derrière ce nom barbare se cache une famille de plus de 4 000 molécules chimiques créées par l’homme depuis les années 1940.

Leur secret ? Le fluor

Les PFAS sont des chaînes de carbone sur lesquelles on a greffé des atomes de fluor.

Or, la liaison carbone-fluor est la liaison chimique la plus forte de la chimie organique.

Tellement forte qu’elle ne se casse jamais dans les conditions naturelles.

Ni sous l’effet de la lumière.

Ni sous l’effet de la chaleur.

Ni sous l’effet des enzymes biologiques.

Ces molécules sont immortelles.

C’est pour ça qu’on les appelle « polluants éternels » ou « forever chemicals » en anglais.

Pourquoi les a-t-on créés ?

Précisément pour cette indestructibilité.

Les PFAS ont des propriétés extraordinaires :

  • Hydrophobes : ils repoussent l’eau
  • Oléophobes : ils repoussent les graisses
  • Résistants à la chaleur : ils ne brûlent pas
  • Résistants aux acides et bases : rien ne les attaque chimiquement

Du coup, l’industrie en a mis partout :

Dans la cuisine :

  • Revêtements antiadhésifs des poêles (Téflon)
  • Emballages alimentaires résistants à la graisse (boîtes à pizza, sachets de fast-food)

Dans les vêtements :

  • Textiles imperméables et déperlants
  • Gore-Tex et autres membranes techniques

Dans la lutte contre les incendies :

  • Mousses anti-incendie (aéroports, bases militaires, pompiers)

Dans les cosmétiques :

  • Crèmes, maquillages, produits anti-âge

Et surtout… dans l’agriculture :

  • Pesticides et herbicides dont les métabolites sont des PFAS

C’est là que ça devient fou.

Le scandale du flufénacet et du TFA

Prenons un exemple concret : le flufénacet.

C’est le 9ᵉ herbicide le plus utilisé en France. 900 tonnes par an, épandues principalement sur les céréales.

Quand il se dégrade dans la nature, le flufénacet libère une molécule : le TFA (acide trifluoroacétique).

Le TFA est un PFAS à chaîne courte. Extrêmement persistant. Extrêmement mobile dans l’environnement.

Et il n’est pas réglementé.

Depuis 2023, les analyses révèlent sa présence massive dans les cours d’eau européens. En 2025, l’UFC Que Choisir et Générations Futures montrent sa présence généralisée dans l’eau potable et même dans les eaux minérales en bouteille.

Résumé : vous buvez du TFA tous les jours. Et personne ne le surveille officiellement.

Le pire ? Le flufénacet a été classé perturbateur endocrinien en septembre 2024 par l’Agence européenne de sécurité des aliments.

Son autorisation de mise sur le marché a expiré en 2013.

Mais il est toujours utilisé.

Pourquoi ? Lenteur administrative. Le système d’évaluation européen met des années à réagir.

Pendant ce temps, 900 tonnes de TFA par an continuent de contaminer l’eau que vous buvez.

Comment les PFAS arrivent-ils dans votre eau ?

Plusieurs chemins :

1. Les rejets industriels

Les usines qui fabriquent ou utilisent des PFAS rejettent leurs eaux usées dans les rivières.

En France, on compte 5 sites majeurs de production de PFAS :

  • 2 à Pierre-Bénite (Rhône)
  • 1 à Villers-Saint-Paul (Oise) — l’usine Chemours qui rejette directement dans l’Oise, en amont du captage d’eau potable du SEDIF
  • 1 à Tavaux (Jura)
  • 1 à Salindres (Gard), dont la fermeture a été annoncée en octobre 2024

2. Les mousses anti-incendie

Les aéroports, les bases militaires, les centres de formation des pompiers ont utilisé pendant des décennies des mousses contenant des PFAS.

Ces mousses s’infiltrent dans les sols et contaminent les nappes phréatiques.

3. L'agriculture

Les pesticides, les herbicides, et même les produits de fartage des skis (stations de sports d’hiver) libèrent des PFAS qui ruissellent vers les cours d’eau.

4. Les stations d'épuration

Les PFAS traversent les stations d’épuration sans être dégradés. Ils passent comme des fantômes.

Les boues d’épuration, souvent épandues dans les champs comme engrais, contaminent les sols… qui contaminent l’eau.

Un cercle vicieux parfait.

Les effets des PFAS sur la santé

On commence seulement à comprendre.

Mais les premières études sont alarmantes :

Effets prouvés :

  • Perturbation du système endocrinien (hormones)
  • Diminution de la réponse immunitaire (moins d’efficacité des vaccins)
  • Augmentation du cholestérol
  • Problèmes de fertilité (réduction de la qualité du sperme)
  • Retards de développement chez les enfants

Effets suspectés :

  • Cancers (rein, testicules, thyroïde)
  • Maladies du foie (stéatose hépatique)
  • Diabète de type 2
  • Hypertension artérielle

Le plus inquiétant ? Les PFAS s’accumulent dans votre corps.

Ils ne sont pas éliminés rapidement. Leur demi-vie (temps nécessaire pour que votre corps en élimine la moitié) varie de 2 à 8 ans selon les molécules.

Autrement dit, si vous buvez de l’eau contaminée aux PFAS pendant 10 ans, vous les accumulerez dans votre sang, votre foie, vos reins.

L’exposition est chronique. L’accumulation est progressive. Les effets sont à long terme.

LES MÉTAUX LOURDS — L'héritage de l'ère industrielle

Qu'est-ce qu'un métal lourd ?

Un métal lourd, c’est un élément chimique métallique dont la densité est supérieure à 5 g/cm³.

Plus précisément, on parle d’éléments traces métalliques (ETM) quand ils sont présents en très faibles quantités dans l’environnement.

Les principaux métaux lourds qui contaminent l’eau :

Le plomb (Pb) — le plus connu, le plus surveillé.

Le mercure (Hg) — le plus toxique pour le système nerveux.

Le cadmium (Cd) — cancérigène avéré.

L’arsenic (As) — cancérigène et perturbateur endocrinien (techniquement un métalloïde, mais traité comme un métal lourd).

Le nickel (Ni) — allergène et potentiellement cancérigène.

Le chrome (Cr) — sous forme Chrome VI, hautement toxique.

L’aluminium (Al) — neurotoxique suspecté.

Le cuivre (Cu) — essentiel à faible dose, toxique en excès.

D'où viennent-ils ?

Contrairement aux PFAS, les métaux lourds sont naturellement présents dans l’environnement.

Ils existent dans les roches, les sols, les minerais.

Le problème ? L’activité humaine les a mobilisés, concentrés, dispersés.

Sources naturelles

  • Érosion des roches
  • Activité volcanique
  • Lessivage des sols

Sources anthropiques (les vraies coupables)

1. L'industrie métallurgique

Fonderies, aciéries, usines de traitement des métaux… rejettent des métaux lourds dans l’eau et l’air.

2. L'incinération des déchets

Les usines d’incinération brûlent des déchets qui contiennent des métaux (batteries, électronique, plastiques…).

Ces métaux se volatilisent et retombent avec les pluies.

3. L'agriculture

Les engrais phosphorés contiennent du cadmium.

Les pesticides contiennent du cuivre, de l’arsenic.

Les lisiers d’élevage concentrent du zinc et du cuivre (additifs alimentaires pour animaux).

4. Les canalisations

Les vieilles conduites en plomb (maisons construites avant 1980) libèrent du plomb dans l’eau, surtout si l’eau est acide.

Les soudures au plomb (interdites depuis 1995) contaminent encore certains réseaux.

5. Les retombées atmosphériques

Pendant des décennies, l’essence au plomb a dispersé des millions de tonnes de plomb dans l’atmosphère.

Interdit depuis 2000 en Europe, mais le plomb est toujours présent dans les sols urbains.

Le cycle pervers : de l'industrie à votre verre

Voici comment ça fonctionne :

  1. L’industrie rejette des métaux lourds dans l’air, l’eau, les sols
  2. Ces métaux se déposent sur les terres agricoles, dans les rivières
  3. Ils s’infiltrent dans les nappes phréatiques
  4. Ils sont pompés pour la production d’eau potable
  5. Les traitements classiques (coagulation, filtration) n’éliminent qu’une partie des métaux
  6. Vous les buvez

Mais ce n’est pas tout.

Les métaux lourds se retrouvent aussi dans vos canalisations intérieures.

Vous pouvez avoir une eau parfaitement traitée à la sortie de l’usine… et la contaminer dans les derniers mètres, chez vous, si vos tuyaux sont en plomb ou si vos robinets contiennent du nickel.

La bioaccumulation : le vrai danger

Les métaux lourds ont une propriété terrifiante : ils s’accumulent dans les organismes vivants.

Contrairement aux molécules organiques qui peuvent être dégradées et éliminées, les métaux sont des éléments chimiques.

On ne peut pas les décomposer. On ne peut pas les détruire.

Votre corps peut les stocker (dans les os, le foie, les reins, le cerveau) ou les éliminer lentement (urine, cheveux, ongles).

Mais si vous absorbez des métaux lourds plus vite que vous ne les éliminez, ils s’accumulent.

C’est ce qu’on appelle la bioaccumulation.

L’exemple du mercure

Le mercure est rejeté dans l’environnement par les industries, les mines d’or (orpaillage), les anciennes amalgames dentaires…

Dans les rivières, les bactéries transforment le mercure en méthylmercure — une forme organique extrêmement toxique.

Les petits poissons mangent le plancton contaminé. Les gros poissons mangent les petits. Les prédateurs mangent les gros.

À chaque étape, la concentration de mercure augmente.

On appelle ça la bioamplification.

Résultat : les gros poissons carnivores (thon, espadon, brochet…) contiennent des concentrations de mercure des millions de fois supérieures à celles de l’eau dans laquelle ils nagent.

Et vous êtes au sommet de la chaîne alimentaire.

En Guyane, où le mercure contamine les rivières à cause de l’orpaillage, certains poissons comme l’aïmara contiennent autant de mercure que 20 millions de litres d’eau.

Les populations amérindiennes qui consomment ce poisson quotidiennement présentent des niveaux de mercure dans le sang nettement supérieurs à ceux observés en métropole.

Les effets des métaux lourds sur la santé

Chaque métal a ses effets spécifiques.

Le plomb

Cible principale : le système nerveux.

Chez les enfants :

  • Retards de développement
  • Diminution du QI
  • Troubles de l’attention et hyperactivité
  • Problèmes de comportement

Chez les adultes :

  • Hypertension artérielle
  • Maladies cardiovasculaires
  • Insuffisance rénale
  • Problèmes de fertilité

Le saturnisme (intoxication chronique au plomb) touche encore des milliers d’enfants en France, notamment dans l’habitat ancien.

La limite réglementaire est de 10 µg/L dans l’eau potable depuis 2013.

Mais l’OMS précise : il n’existe pas de seuil en dessous duquel le plomb est sans danger.

Le mercure

Cible principale : le système nerveux central.

Le méthylmercure traverse la barrière placentaire et la barrière hémato-encéphalique.

Il peut provoquer :

  • Troubles neurologiques
  • Problèmes de mémoire et de concentration
  • Tremblements
  • Troubles de la vision
  • Atteintes rénales

Les femmes enceintes et les enfants sont les plus vulnérables.

Le cadmium

Cancérigène avéré (poumons, prostate, reins).

S’accumule dans les reins et peut provoquer une insuffisance rénale.

Perturbateur endocrinien.

L’arsenic

Cancérigène avéré (peau, vessie, poumons, foie).

Perturbateur endocrinien.

Provoque des lésions cutanées (hyperkératose, hyperpigmentation).

Certaines régions du monde (Bangladesh, Vietnam) ont des nappes phréatiques naturellement riches en arsenic. Des millions de personnes sont exposées.

L’aluminium

Suspecté neurotoxique.

Des études suggèrent un lien entre exposition chronique à l’aluminium et maladies neurodégénératives (Alzheimer).

Mais le lien n’est pas formellement prouvé.

Le problème ? L’aluminium est utilisé dans les traitements de l’eau (sulfate d’aluminium pour la coagulation).

On ajoute de l’aluminium pour purifier l’eau… qui peut ensuite se retrouver dans l’eau traitée.

Paradoxe total.

Peut-on éliminer les métaux lourds de l'eau ?

Oui. Plusieurs méthodes :

  1. La coagulation-floculation

Les sels d’aluminium ou de fer agglomèrent les particules et précipitent certains métaux (plomb, chrome, mercure).

Efficacité variable selon les métaux.

  1. La filtration sur charbon actif

Retire une partie des métaux lourds.

Pas la méthode la plus efficace pour les métaux, mais utile en complément.

  1. L’osmose inverse

Très efficace. Retire jusqu’à 99 % des métaux lourds.

Mais retire aussi les minéraux essentiels.

  1. Les résines échangeuses d’ions

Captent spécifiquement certains métaux.

Très efficaces mais coûteuses.

  1. Les systèmes domestiques

Pour protéger votre eau à domicile :

  • Filtres sur charbon actif : efficaces contre plomb, mercure, cadmium, cuivre
  • Osmose inverse : efficacité maximale
  • Distillation : retire 100 % des métaux, mais produit une eau totalement déminéralisée

Important : si votre maison a des canalisations en plomb, le plus urgent est de les remplacer.

LES RÉSIDUS MÉDICAMENTEUX

Quand nos remèdes deviennent des poisons environnementaux

Le paradoxe pharmaceutique

Voici une vérité inconfortable :

Les médicaments qui nous soignent polluent notre eau.

Pas parce qu’ils sont mal fabriqués. Pas à cause d’accidents industriels.

Mais simplement parce que nous les utilisons.

En France, on consomme 40 boîtes de médicaments par personne et par an.

Chaque jour, des millions de personnes prennent :

  • Des antibiotiques
  • Des antidépresseurs
  • Des pilules contraceptives
  • Des antidiabétiques
  • Des anti-inflammatoires
  • Des anticancéreux
  • Des bêta-bloquants
  • Des hormones thyroïdiennes
  • Des antiépileptiques

Et tous ces médicaments, où vont-ils ?

Le cycle du médicament dans l'environnement

Suivons le parcours d’un comprimé d’antibiotique.

Étape 1 : Vous avalez le médicament

Votre estomac et vos intestins l’absorbent.

Il passe dans votre sang, circule dans votre corps, fait son travail thérapeutique.

Étape 2 : Votre foie le métabolise

Votre foie transforme le médicament en métabolites (molécules dérivées).

Certains métabolites sont inactifs. D’autres conservent une activité biologique.

Étape 3 : Vous l’éliminez

Via vos urines (principalement) et vos selles.

Une partie du médicament est éliminée sous forme inchangée.

Une partie sous forme de métabolites.

Étape 4 : Direction les toilettes

Le médicament et ses métabolites partent dans les égouts.

Étape 5 : La station d’épuration… qui n’est pas conçue pour ça

Les stations d’épuration sont conçues pour :

  • Éliminer la matière organique (via des bactéries)
  • Retirer les solides en suspension
  • Désinfecter

Mais elles ne sont pas conçues pour éliminer les molécules pharmaceutiques.

Résultat :

Certains médicaments sont partiellement dégradés (de 30 % à 90 % selon les molécules).

D’autres traversent la station sans être touchés.

Étape 6 : La rivière

Les eaux traitées sont rejetées dans les rivières.

Avec les résidus de médicaments.

Étape 7 : Le captage d’eau potable

En aval, un captage pompe l’eau de la rivière pour produire de l’eau potable.

Étape 8 : L’usine de potabilisation… qui n’est pas conçue pour ça non plus

Les traitements classiques (coagulation, filtration, chloration) ne sont pas efficaces contre les résidus médicamenteux.

Seuls les traitements avancés (charbon actif, ozonation, osmose inverse) peuvent les éliminer partiellement.

Mais tous les réseaux d’eau n’en sont pas équipés.

Étape 9 : Votre robinet

L’eau arrive chez vous.

Avec des traces de médicaments.

Que vous buvez.

Et le cycle recommence.

Ce qu'on retrouve dans l'eau

Plus de 40 classes thérapeutiques ont été détectées dans les eaux françaises.

Les plus fréquents :

Antibiotiques :

  • Amoxicilline
  • Clarithromycine
  • Azithromycine
  • Ciprofloxacine
  • Sulfaméthoxazole

Anti-inflammatoires :

  • Ibuprofène
  • Diclofénac
  • Kétoprofène
  • Aspirine

Antidépresseurs :

  • Fluoxétine (Prozac)
  • Sertraline
  • Venlafaxine

Hormones :

  • Œstrogènes (pilule contraceptive)
  • 17-bêta-œstradiol
  • Œstrone

Antidiabétiques :

  • Metformine (le plus prescrit en France)

Anticancéreux :

  • Cyclophosphamide
  • Ifosfamide
  • Tamoxifène

Antiépileptiques :

  • Carbamazépine

Bêta-bloquants :

  • Aténolol
  • Métoprolol

À quelles concentrations ? De l’ordre du nanogramme par litre (ng/L).

C’est-à-dire des milliardièmes de gramme.

Des concentrations infinitésimales.

Sauf que…

Le problème n'est pas la dose, c'est la nature

Les médicaments sont conçus pour être biologiquement actifs à très faible dose.

C’est leur raison d’être.

Un comprimé de pilule contraceptive contient quelques microgrammes d’hormones. Et ça suffit pour bloquer l’ovulation.

Un antidépresseur agit sur les neurotransmetteurs à des concentrations infimes.

Un antibiotique tue les bactéries à de très faibles doses.

Alors que se passe-t-il quand ces molécules se retrouvent dans l’eau à des concentrations de l’ordre du nanogramme ?

On ne sait pas exactement.

Mais on commence à observer des effets.

Les effets documentés sur l'environnement

1. La féminisation des poissons

C’est l’effet le plus documenté.

Les œstrogènes (hormones féminines) issus de la pilule contraceptive se retrouvent dans les rivières.

Même à des concentrations infinitésimales, ils provoquent la féminisation des poissons mâles :

  • Développement d’ovaires chez les mâles
  • Production de vitellogénine (protéine normalement produite par les femelles)
  • Diminution de la fertilité
  • Déséquilibre des populations

Ce phénomène a été observé dans tous les pays industrialisés.

2. L’antibiorésistance (suspectée)

Les antibiotiques dans l’eau pourraient contribuer à l’émergence de bactéries résistantes.

Le lien direct n’est pas formellement établi, mais les scientifiques s’inquiètent :

Dans les stations d’épuration, les bactéries sont exposées en permanence à de faibles doses d’antibiotiques.

C’est l’environnement idéal pour sélectionner des souches résistantes.

Ces bactéries résistantes peuvent ensuite contaminer l’environnement… et revenir vers les humains.

3. Les perturbations comportementales

Des études sur les poissons exposés à des antidépresseurs montrent :

  • Modification du comportement alimentaire
  • Diminution de la vigilance face aux prédateurs
  • Altération de la reproduction

Si ça affecte les poissons, qu’en est-il des autres organismes aquatiques ? Des insectes ? Des amphibiens ?

On ne sait pas.

Et chez l'humain ?

Voilà la grande question.

Quel est l’effet sur votre santé d’une exposition chronique à un cocktail de résidus médicamenteux dans l’eau potable ?

La réponse honnête : on ne sait pas.

Pourquoi ?

  1. Les concentrations sont très faibles

De l’ordre du nanogramme par litre. Bien en dessous des doses thérapeutiques.

  1. L’exposition est chronique

Vous ne buvez pas un verre contaminé une fois. Vous buvez cette eau tous les jours, pendant des années.

  1. C’est un cocktail

Vous n’êtes pas exposé à UN médicament, mais à un mélange de dizaines de molécules différentes.

  1. Les interactions sont inconnues

Antibiotique + hormone + antidépresseur + anti-inflammatoire + pesticide + PFAS + métaux lourds = ?

Personne ne sait.

Aucune étude ne peut tester toutes les combinaisons possibles.

Les populations à risque

Même si les effets chez l’adulte en bonne santé restent incertains, certaines populations sont plus vulnérables :

Les femmes enceintes : exposition fœtale à des perturbateurs endocriniens.

Les nourrissons : systèmes immunitaire et nerveux en développement.

Les personnes immunodéprimées : plus sensibles aux effets des molécules bioactives.

Les personnes âgées : accumulation sur le long terme, fonctions rénales diminuées.

Peut-on éliminer les résidus médicamenteux de l'eau ?

Oui. Mais pas avec les traitements classiques.

Traitements efficaces :

  1. Le charbon actif (CAP ou CAG)

Adsorbe une grande partie des molécules organiques, dont les médicaments.

Efficacité : 70 % à 90 % selon les molécules.

  1. L’ozonation

L’ozone (O₃) oxyde et dégrade de nombreux médicaments.

Efficacité : 60 % à 95 %.

Mais peut créer des sous-produits indésirables.

  1. L’osmose inverse

Élimine jusqu’à 99 % des résidus pharmaceutiques.

  1. Les traitements UV avancés

Dégradent certaines molécules.

Le problème ?

Ces traitements coûtent cher.

Tous les réseaux d’eau ne les utilisent pas.

Et surtout, ils traitent les symptômes, pas la cause.

Tant qu’on continuera à consommer autant de médicaments, on continuera à les retrouver dans l’eau.

Que faire à votre niveau ?

  1. Consommez les médicaments de manière responsable

Ne prenez que ce qui est nécessaire. Évitez l’automédication.

  1. Rapportez les médicaments non utilisés à la pharmacie

Le programme Cyclamed permet d’incinérer les médicaments plutôt que de les jeter dans les toilettes.

  1. Filtrez votre eau à domicile

Un système de filtration au charbon actif végétal retire une grande partie des résidus médicamenteux.

CONCLUSION : L'ère des polluants invisibles

PFAS. Métaux lourds. Résidus médicamenteux.

Trois familles. Des centaines de molécules. Des milliers de combinaisons possibles.

L’eau du 21ᵉ siècle n’est plus celle du 20ᵉ siècle.

Elle porte les traces de notre civilisation industrielle, de notre agriculture chimique, de notre médecine moderne.

Ces polluants sont invisibles. Mais ils sont réels.

On commence seulement à les mesurer. On commence seulement à comprendre leurs effets.

Mais on ne peut plus faire comme si on ne savait pas.

Les certitudes

  1. Ces polluants sont présents

Dans votre eau du robinet. Dans les nappes phréatiques. Dans les rivières. Partout.

  1. Ils s’accumulent

Dans l’environnement (PFAS éternels). Dans votre corps (métaux lourds). Dans la chaîne alimentaire (bioamplification).

  1. Ils ont des effets

Sur la faune aquatique (féminisation, perturbations comportementales).

Sur certaines populations humaines (saturnisme, mercure).

  1. Les effets à long terme chez l’humain sont largement inconnus

L’exposition chronique à un cocktail de polluants n’a jamais été étudiée de manière exhaustive.

Vous êtes dans une expérience grandeur nature.

Ce que vous pouvez faire

Vous ne pouvez pas dépolluer les nappes phréatiques.

Vous ne pouvez pas fermer les usines de PFAS.

Vous ne pouvez pas réformer le système agricole.

Mais vous pouvez protéger votre eau.

La filtration au charbon actif retire :

  • Les PFAS (à chaîne longue)
  • Les métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, cuivre)
  • Les résidus médicamenteux (70-90 %)
  • Les pesticides
  • Le chlore

Sans déminéraliser l’eau. Sans gaspiller d’eau. À un coût raisonnable.

L’osmose inverse offre une protection maximale (99 %) mais déminéralise l’eau.

La vitalisation restructure l’eau après filtration.

Ce ne sont pas des solutions parfaites. Mais ce sont des solutions possibles.

Vous avez le choix.

Le choix de subir, ou le choix d’agir.

Le choix de boire l’eau telle qu’elle arrive, ou de la purifier.

Le choix de protéger les 97 % de molécules d’eau qui vous composent.

Parce que maintenant, vous savez.

Vous savez ce que contiennent ces polluants invisibles.

Et savoir, c’est pouvoir choisir.

À retenir :

LES PFAS :

  • Plus de 4 000 molécules éternelles (liaison carbone-fluor indestructible)
  • Présents dans l’industrie, l’agriculture (flufénacet → TFA), les produits du quotidien
  • S’accumulent dans le corps (demi-vie 2-8 ans)
  • Perturbateurs endocriniens, baisse de l’immunité, cancers suspectés
  • Coût de dépollution : 5 milliards €/an pendant 20 ans

LES MÉTAUX LOURDS :

  • Éléments naturels mobilisés par l’industrie (plomb, mercure, cadmium, arsenic…)
  • Bioaccumulation et bioamplification dans la chaîne alimentaire
  • Neurotoxiques (plomb, mercure), cancérigènes (cadmium, arsenic)
  • Sources : canalisations anciennes, industrie, agriculture, retombées atmosphériques
  • Pas de seuil de sécurité absolu pour le plomb

LES RÉSIDUS MÉDICAMENTEUX :

  • 40 classes thérapeutiques détectées dans l’eau
  • Concentrations infinitésimales (ng/L) mais molécules biologiquement actives
  • Traversent les stations d’épuration et de potabilisation
  • Féminisation des poissons (hormones), antibiorésistance suspectée
  • Effets du cocktail sur l’humain : inconnus

PROTECTION :

  • Charbon actif : retire 70-90 % (PFAS, métaux, médicaments, pesticides)
  • Osmose inverse : retire 99 % (mais déminéralise)
  • Remplacer les canalisations en plomb
  • Consommation responsable de médicaments (Cyclamed)
sources & Ressources: