De la Matière à l’Information

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La Révolution Quantique de John Wheeler

Quand un père de la bombe atomique découvre que la matière... n'existe pas vraiment

« D’abord, j’ai cru que tout était fait de particules. Puis j’ai pensé que tout était formé de champs. Maintenant, j’ai l’impression que tout est fait d’information. »

Cette confession étonnante vient de John Archibald Wheeler, l’un des plus grands physiciens du XXe siècle. L’homme qui a travaillé sur la bombe atomique américaine, qui a collaboré avec Niels Bohr sur la fission nucléaire, qui a même inventé le terme « trou noir »…

Cet homme-là finit sa carrière en affirmant quelque chose de vertigineux : la matière n’est pas fondamentale. L’information l’est.

Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Et surtout, pourquoi devriez-vous vous y intéresser ?

Parce que cette révolution conceptuelle change tout. Absolument tout. Y compris notre façon de comprendre l’eau que vous buvez chaque jour.

Wheeler : L'homme qui a nommé l'invisible

John Archibald Wheeler n’était pas n’importe qui.

Né en 1911 en Floride, ce physicien théoricien américain a traversé tout le XXe siècle scientifique. Il a participé au projet Manhattan, formé des générations de physiciens à l’université de Princeton, et surtout, il a eu ce don rare : voir ce que les autres ne voyaient pas encore.

C’est lui qui a popularisé le terme « trou noir » en 1967, alors que ces objets cosmiques restaient de pures abstractions mathématiques. « Trou de ver », « mousse quantique », « it from bit »… Wheeler avait ce talent pour nommer l’invisible, pour donner des mots aux concepts les plus vertigineux de la physique.

Stephen Hawking l’a appelé « le héros de l’histoire du trou noir ». Mais ce n’est pas pour ses trous noirs que Wheeler nous intéresse aujourd’hui.

C’est pour sa troisième révélation. Celle qui est venue après les particules et après les champs.

Celle de l’information.

"It from Bit" : Quand l'univers devient une question

Imaginez un instant que votre réalité – cette table devant vous, votre corps, les étoiles dans le ciel – ne soit pas faite de « choses » solides, mais de réponses à des questions.

C’est exactement ce que propose Wheeler avec son concept révolutionnaire : « It from Bit ».

En anglais, « It » désigne la chose, l’objet, la matière. « Bit » est l’unité d’information la plus simple : 0 ou 1, oui ou non, vrai ou faux.

Wheeler suggère que tout ce qui existe – « It », la chose – émerge d’informations binaires – « Bit », la donnée fondamentale. L’univers ne serait pas un ensemble d’objets matériels, mais un immense processeur de questions oui/non.

Attendez, cela devient encore plus étrange.

Selon Wheeler, ces questions ne sont pas posées dans le vide. Elles sont posées par des actes d’observation, de mesure. En mécanique quantique, un phénomène n’existe réellement – n’acquiert une réalité définie – qu’une fois qu’il est observé ou mesuré.

La mesure ne découvre pas la réalité. Elle la co-crée.

Vous ne regardez pas passivement le monde. Chaque fois que vous observez quelque chose, vous posez une question à l’univers – et l’univers répond par un bit d’information. Oui ou non. Là ou pas là. Haut ou bas.

De toutes ces réponses binaires, accumulées en nombre astronomique, émerge ce que vous appelez « matière », « énergie », « réalité ».

L’univers est un dialogue permanent. Et vous en êtes un participant actif.

L'intrication : Quand l'information défie l'espace et le temps

Si cette vision vous semble abstraite, la mécanique quantique rend les choses encore plus troublantes avec le phénomène d’intrication quantique.

Voici le principe : prenez deux particules intriquées. Séparez-les. Envoyez-en une à Paris, l’autre à Tokyo. Mesurez l’une, et instantanément – instantanément – vous connaissez l’état de l’autre, quelle que soit la distance.

Einstein détestait ce concept. Il l’appelait « action fantôme à distance ». Comment deux objets séparés de milliers de kilomètres peuvent-ils rester connectés ?

Wheeler a proposé une explication vertigineuse : ils ne sont pas deux objets séparés. Ils forment un seul et même système d’information. La distance spatiale n’a pas d’importance parce que l’information quantique est non-locale. Elle ne « voyage » pas d’un point A à un point B.

Elle EST. Partout à la fois.

Imaginez deux instruments de musique accordés parfaitement à la même fréquence. Ils ne s’envoient pas de signal l’un à l’autre. Ils vibrent simplement en harmonie. L’intrication quantique fonctionne un peu de cette façon, mais à un niveau bien plus fondamental.

Et Wheeler est allé encore plus loin.

Le choix retardé : Quand le futur influence le passé

Dans son célèbre « expérience du choix retardé », Wheeler a montré quelque chose d’encore plus déstabilisant : le futur peut influencer le passé.

Plus précisément, la décision que vous prenez aujourd’hui – quel type de mesure effectuer – peut déterminer rétroactivement ce qui s’est passé hier. La particule « décide » de son histoire en fonction de la question que vous lui poserez… demain.

Ce n’est pas de la science-fiction. L’expérience a été vérifiée en laboratoire, même avec des photons provenant de galaxies lointaines.

L’espace et le temps, tels que vous les percevez, ne sont pas des cadres rigides dans lesquels l’information circule. Ils émergent eux-mêmes de l’information.

L’univers n’est pas une scène sur laquelle se joue un spectacle. L’univers est le spectacle lui-même, construit question après question, bit après bit.

De Wheeler à aujourd'hui : L'information devient technologie

Wheeler était en avance sur son temps. Mais les décennies qui ont suivi lui ont donné raison.

Aujourd’hui, les ordinateurs quantiques ne manipulent plus de simples électrons comme information. Ils manipulent directement des qubits – des bits d’information quantique en superposition. La technologie rattrape la philosophie.

Les physiciens théoriciens travaillent sur des modèles où l’espace-temps émerge de l’intrication quantique. L’espace que vous traversez, le temps qui s’écoule, ne seraient pas fondamentaux. Ce seraient des propriétés émergentes d’un réseau d’information sous-jacent.

Imaginez que la matière soit comme l’écume à la surface de l’océan. Vous voyez les vagues, vous les sentez, elles semblent bien réelles. Mais l’écume n’est qu’une manifestation temporaire de mouvements plus profonds. De même, la matière que vous touchez serait l’écume d’un océan informationnel.

Wheeler avait vu juste : l’information est plus fondamentale que la matière.

Les particules, les champs, tout cela ne sont que des manifestations d’un niveau plus profond, où règne l’information pure, vibratoire, quantique.

Et maintenant ? De l'information quantique à l'eau vivante

Vous vous demandez peut-être : pourquoi parler de Wheeler, de bits quantiques, de trous noirs ?

Parce que cette révolution conceptuelle ouvre une porte immense.

Si la réalité physique émerge de l’information…

Si des systèmes quantiques peuvent stocker, transmettre, modifier de l’information sans contact direct…

Si la mesure, l’observation, l’interaction transforment la réalité plutôt que de simplement la constater…

Qu’en est-il de l’eau ?

L’eau, cette substance si omniprésente dans le vivant. L’eau, composée de molécules H₂O capables de former des réseaux complexes par liaisons hydrogène. L’eau, dont les propriétés « anormales » défient encore la physique classique.

L’eau pourrait-elle être, elle aussi, une interface informationnelle ? Un support capable de coder, de mémoriser, de transmettre des fréquences vibratoires ?

Les scientifiques qui étudient l’eau sous l’angle quantique – Gerald Pollack avec son eau EZ, Marc Henry avec ses domaines de cohérence, les travaux de Wetsus sur les champs magnétiques – tous pointent dans la même direction.

L’eau n’est pas qu’un simple solvant chimique.

C’est un système quantique dynamique, capable de répondre à son environnement d’une manière que la chimie classique ne peut expliquer. Un système où l’information joue un rôle tout aussi crucial que dans les particules étudiées par Wheeler.

Mais comment ? Par quels mécanismes ? Et surtout, quelles conséquences pour votre santé, votre bien-être, votre vie quotidienne ?

C’est ce que nous explorerons dans le prochain article.

À retenir :

  • John Wheeler, physicien majeur du XXe siècle, a montré que l’information est plus fondamentale que la matière
  • Son concept « It from Bit » suggère que la réalité émerge de questions binaires, de mesures, d’observations
  • L’intrication quantique prouve que l’information transcende l’espace et le temps
  • Cette révolution conceptuelle s’applique à tous les systèmes physiques… y compris l’eau

Prochaine étape : Découvrir comment l’eau, loin d’être un simple H₂O inerte, pourrait être l’interface informationnelle la plus sophistiquée du vivant.